Le thrips du tabac est le ravageur le plus fréquent dans la culture du poireau et peut fortement nuire à la qualité du produit. Avec le changement climatique, les étés secs et chauds deviennent de plus en plus courants, créant des conditions très favorables à la prolifération des thrips, qui peuvent alors se multiplier de manière exponentielle chaque semaine. Parallèlement, de plus en plus de produits phytosanitaires efficaces contre les thrips disparaissent du marché, ce qui accroît la demande pour des stratégies alternatives.
Dans le cadre du projet Réfléchi, un essai a été mis en place chez un producteur de poireaux, en collaboration avec Viaverda et Inagro. Des bandes de Lobularia maritima (Al ont été plantées entre les rangs de poireaux en tant que plantes réservoirs, et des punaises prédatrices (Orius sp.) y ont été introduites à différents moments. Cette stratégie vise à contrôler les dégâts causés par les thrips pendant les mois d'été et à obtenir de bons résultats de culture.
Pourquoi associer Lobularia et punaises prédatrices?
La punaise Orius se nourrit de tous les stades de développement du thrips du tabac. Cet ennemi naturel n'apparaît en nombre important dans la culture de poireaux que lorsque la pression des thrips est déjà élevée. En introduisant Lobularia maritima en bandes semées ou plantées entre les poireaux, on cherche à favoriser une présence précoce d’Orius dans la culture, avant que la population de thrips n’explose.
En l’absence de thrips, Orius peut se nourrir du pollen produit par la Lobularia, ce qui lui permet de rester sur la plante et d’y assurer sa reproduction. Lorsque le nombre de thrips augmente dans la culture de poireaux, une population robuste d’Orius doit déjà s’être développée dans les Lobularia, capable alors de limiter efficacement les dégâts aux plantes.
Évaluation des dégâts causés par les thrips
Pour évaluer l’efficacité de cette stratégie, les dommages sur les feuilles de poireau causés par les thrips sont observés à différents moments et à différentes distances des bandes de Lobularia. L’objectif est de déterminer s’il existe une corrélation entre la distance à la plante réservoir et l’intensité des dégâts sur les poireaux.
Par ailleurs, des échantillons d’insectes sont régulièrement prélevés sur les poireaux et les Lobularia puis analysés à l’aide d’un appareil de Berlèse, afin d’identifier les espèces présentes et d’en estimer les effectifs.
Plus d’informations
Viaverda - Jan Buyssens - jan.buyssens@viaverda.be
Inagro - Jonathan de Mey - jonathan.demey@inagro.be
